L'association "Le Wamdé" veut offrir aux enfants des rues du Burkina Faso un lieu de vie et des conditions propices à l'insertion socio-économique en leur garantissant l'accès à l'éducation, à la formation technique et artistique traditionnelle. L'association "Le Wamdé", qui signifie calebasse en mooré, à la fois instrument de musique et récipient pour "I'eau de bienvenue" symboli-sant le partage, a été créée en 1988 par Moussognouma Sarambé Kouyaté, comédienne, dramaturge et chorégraphe burkinabé. Situé à Ouagadougou au Burkina Faso, la vocation du Wamdé est d'offrir aux enfants des rues un lieu de vie et des conditions propices à l'insertion socio-économique en leur garantissant l'accès à l'éducation, à la formation technique (couture, batik, tissage, menuiserie, soudure) et artis-tique traditionnelle (musique, danse, chant, théâtre). Par ailleurs, une équipe des "anciens" d'Afrique pour la plupart s'est mobilisée en France, dès 1995, en créant à son tour l'association Wamdé France, pour recher-cher des financements nécessaires à la construc-tion et au fonctionnement du centre Wamdé. Un avenir pour
les enfants des rues Vers un projet,
un avenir, des rêves Nicolas
Czinober et Hyuna Kang
RUE DES BOULANGERS ET RUE DE L' EVANGILE, L'école publique élémentaire, dite
Jean-Antoine-de-Baïf, 19 rue des Boulangers, a bâti son projet
autour du thème de l'école autrefois, l'école autrement,
l'école ailleurs. Parents, enseignants, personnels des écoles et bénévoles se sont impliqués pour faire aboutir le projet très ambitieux d'organiser la tournée d'une troupe d'artistes en France. Une initiative qui a pu voir le jour grâce notamment à la volonté de Danielle Nauche, directrice de l'école Jean-Antoine-de-Baïf, au Quartier latin. et la coopération de Pascal Deruelle. directeur de l'école de la rue de l'Evangile dans le quartier de la Chapelle. Par ailleurs, l'école des Boulangers entretient des relations avec deux jeunes ingénieurs du "Cyber tour du monde " : www.5c5c.net. Au terme de l'année scolaire une comédie
musicale devrait être montée. autour de l'idée que
les enfants se seront faite du l'école en y intégrant
l'ensemble des travaux et des échanges réalisés
cette année. Juliette
Duc Dans les rues de Ouagadougou où trop souvent on lutte pour la survie, nombreux sont les enfants qui sont pleins d'espoir, de talent et de détermination. Moussognouma Kouyaté les a réunis en créant le Wamdé. Wamdé signifie " calebasse " en mooré. Tout comme la plante à calebasse se répand et envahit le sol, la Culture doit se propager dans le monde. La calebasse, qui sert de récipient, est aussi le symbole de l'accueil et du partage. Elle sec à offrir le zom-kom de bienvenue, le dolo des fêtes. De plus, elle est essentielle pour la fabrication de plusieurs instruments de musique. Le Wamdé, Le Théâtre des Amis réunis, a vu le jour le 8 mars 1988, à l'occasion de la Journée Internationale de la Femme. Son initiatrice, familièrement appelée Mama Kouyaté, avait déjà derrière elle un long parcours dans le domaine artistique : elle a été tour à tour danseuse dans la Troupe Nationale de la Maison des Jeunes, actrice de cinéma et de théâtre (entre autres dans la pièce Soundjata, présentée en Europe et en Afrique), animatrice à la télévision burkinabè, réalisatrice de ballet-théâtre. Parallèlement à la conception des spectacles qu'elle présente avec sa troupe au pays ou à l'étranger, Mama Kouyaté se consacre à faire vivre le centre d'accueil, véritable village culturel, situé dans la périphérie de Ouagadougou. Le Wamdé regroupe une quarantaine d'enfants et d'adolescents de 5 à 18 ans, originaires de différentes ethnies: Bambara, Bobo, Dogon, Gourmantché, Gourounsi, Mossi, Peul, Samo etc. Avec le dynamisme et l'énergie propre à leur jeune âge, ils interprètent les musiques et danses traditionnelles ainsi que des contes et des fables. Lors de tournées à l'étranger, outre leurs prestations sur scène, les enfants animent des ateliers dans les écoles, moments privilégiés d'échanges et de partage. Le Wamdé sensibilise les enfants à l'art, à l'artisanat et à leur propre culture, tout en les arrachant à la rue. Il offre aux plus défavorisés un lieu de vie pluriculturel où, en plus de l'alphabétisation, ils reçoivent une formation technique à finalité professionnelle (tissage, couture, batik, soudure, menuiserie). La troupe présente une grande variété de spectacles élaborés à partir de musiques et de danses provenant de toutes les régions du Burkina Faso. Guide Olizane Un Collège aux couleurs de l'Afrique (Chérioux à Vitry) Djembé, balafon, awalé ou
danse, les élèves écoutent avec attention les conseils
des jeunes Burkinabés qui dirigent les ateliers. Le chef d'orchestre
joue la mélodie sur le balafon, une sorte de xylophone en bois
et calebasse et tour à tour les collégiens l'accompagnent.
Dans une autre salle, d'autres soufflent dans leurs mains endolories
par la séance de djembé. Juste à côté
une jeune Africaine entraîne les garçons au milieu du cercle,
guidés par les conseils de Mama Kouyaté du groupe Wamdé,
la compagnie des Amis réunis. " Frappez bien vos pieds !
L'énergie,c'est au sol que nous la prenons ", dit-elle en
entrant dans le cercle. Claudine Stenberg, la documentaliste à
l'initiative de ces ateliers, est émue par la passion dont témoignent
certains jeunes pour ces activités. "La première
fois que le groupe est venu, des élèves d'origine africaine
ont su exprimer un sentiment de fierté qui leur était
jusqu'alors inconnu." Le travail en petit groupe favorise le dialogue
entre les adolescents burkinabés et les collégiens, mais
il a fallu bousculer l'organisation pour que chaque enfant des quatre
classes de 5ème puisse bénéficier de deux heures
d'atelier : " Tous les cours ont été bouleversés
et chaque membre de la communauté éducative parti-cipe
à l'animation ", explique Claudine Stenberg. Dans ce petit
collège de 300 élèves classé en zone sensible
et réseau d'éducation prioritaire, " chacun s'implique
dans un travail sur la solidarité et sur les droits de l'enfant
". Le 31 janvier, le groupe Wamdé se produisait en soirée
au centre culturel d'Orly.
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