"Le Wamdé" du Burkina Faso

L'association "Le Wamdé" veut offrir aux enfants des rues du Burkina Faso un lieu de vie et des conditions propices à l'insertion socio-économique en leur garantissant l'accès à l'éducation, à la formation technique et artistique traditionnelle.

L'association "Le Wamdé", qui signifie calebasse en mooré, à la fois instrument de musique et récipient pour "I'eau de bienvenue" symboli-sant le partage, a été créée en 1988 par Moussognouma Sarambé Kouyaté, comédienne, dramaturge et chorégraphe burkinabé. Situé à Ouagadougou au Burkina Faso, la vocation du Wamdé est d'offrir aux enfants des rues un lieu de vie et des conditions propices à l'insertion socio-économique en leur garantissant l'accès à l'éducation, à la formation technique (couture, batik, tissage, menuiserie, soudure) et artis-tique traditionnelle (musique, danse, chant, théâtre). Par ailleurs, une équipe des "anciens" d'Afrique pour la plupart s'est mobilisée en France, dès 1995, en créant à son tour l'association Wamdé France, pour recher-cher des financements nécessaires à la construc-tion et au fonctionnement du centre Wamdé.

Un avenir pour les enfants des rues
L'originalité du projet du Wamdé tient dans son ancrage culturel. En effet, au-delà d'une action éducative classique, le centre donne à ses pensionnaires la possibilité de découvrir leur propre culture et de la faire partager aux autres à travers les activités créées et animées par eux-mêmes : stages d'initiation à l'art et à l'artisanat burkinabé au sein du centre, tournées et interventions pédagogiques dans les établissements sco-laires en France et à l'étranger... Ces artistes en herbe sont d'ailleurs attendus en Bretagne pour le printemps 2003. Acteurs de leur propre développement, les enfants du Wamdé offrent à leur tour une chance d'enrichissement personnel à tous les enfants du monde qui, au contact d'autres cultures, d'autres sensibilités, reconnaissent et acceptent les différences. L'art et la culture c'est aussi cela : un vecteur de déve-loppement et une manière d'apprendre la tolérance et le respect de l'autre.

Vers un projet, un avenir, des rêves
Simple terrain vague acquis en 1988, le "village du Wamdé" est aujourd'hui une réalité rassemblant toutes les activités éducatives et artistiques du centre et accueillant plus de 90 enfants et jeunes de 5 à 18 ans, issus de milieux défavorisés, orphelins ou livrés à eux-mêmes. L'objectif actuel est de pérenniser cette initiati-ve locale exemplaire pour que chaque enfant puisse être comme tout le monde : avec un pro-) et, un avenir, des rêves. Un programme d'ap-pui aux activités du Wamdé est envisagé pour améliorer les conditions de vie et les perspec-tives d'avenir des bénéficiaires, en développant les capacités organisationnelles et financières du centre et l'accompagner ainsi, à terme, vers son autonomisation.

Nicolas Czinober et Hyuna Kang

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L'école autrement

RUE DES BOULANGERS ET RUE DE L' EVANGILE,
L' ECOLE REÇOIT DE JEUNES BURKINABES

Dans le cadre du projet d'école, des élèves réfléchissent sur le thème de " l'école ". Une implication de la communauté éducative tout entière : parents, enseignants, et personnels des écoles.

L'école publique élémentaire, dite Jean-Antoine-de-Baïf, 19 rue des Boulangers, a bâti son projet autour du thème de l'école autrefois, l'école autrement, l'école ailleurs.
Un projet qui implique l'élève, la communauté éducative, et la famille au sens large la du terme.
C'est dans le cadre de ce projet qu'une " école autrement et ailleurs " a été sollicitée.
Le Wamdé, centre d'éducation artistique du Burkina Faso (anciennement Haute-Volta), dirigé par Mama Kouyaté, accueille à Ouagadougou des enfants défavorisés, orphelins ou livrés à eux-mêmes. Dix-sept jeunes " artistes " burkinabés, formés aux arts africains, sont intervenus pendant un mois, du 12 janvier au 10 février 2001, dans plusieurs établissements scolaires parisiens. Un spectacle de clôture a été, donné le mardi 6 février au palais de l'UNESCO. Plusieurs ateliers ont permis aux enfants de saisir différents aspects de la culture africaine (danse, jeux traditionnels, travaux manuels, cuisine).
Les discussions avec les dix-sept jeunes du Wamdé ont permis aux élèves de com-prendre ce qu'est l'école ailleurs, voire l'absence d'école.

Parents, enseignants, personnels des écoles et bénévoles se sont impliqués pour faire aboutir le projet très ambitieux d'organiser la tournée d'une troupe d'artistes en France. Une initiative qui a pu voir le jour grâce notamment à la volonté de Danielle Nauche, directrice de l'école Jean-Antoine-de-Baïf, au Quartier latin. et la coopération de Pascal Deruelle. directeur de l'école de la rue de l'Evangile dans le quartier de la Chapelle.

Par ailleurs, l'école des Boulangers entretient des relations avec deux jeunes ingénieurs du "Cyber tour du monde " : www.5c5c.net.

Au terme de l'année scolaire une comédie musicale devrait être montée. autour de l'idée que les enfants se seront faite du l'école en y intégrant l'ensemble des travaux et des échanges réalisés cette année.
Si la réalisation en cours est prometteuse, il semble important de souligner les nombreuses difficultés rencontrées par les organisateurs pour mener à bien un tel projet. Il faut, hélas, noter une relative inertie
de l'administration académique même si certains de ses membres ont facilité le bon déroulement de l'opération,, d'un coût très élevé. Une attitude parfois antinomique avec la volonté affichée d'encourager des
projets d'école favorisant pour les élèves une ouverture sur le monde et apportant des supports pédagogiques aux apprentissages fondamentaux.

Juliette Duc
Liaisons laïques n°256

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Le Wamdé

Dans les rues de Ouagadougou où trop souvent on lutte pour la survie, nombreux sont les enfants qui sont pleins d'espoir, de talent et de détermination. Moussognouma Kouyaté les a réunis en créant le Wamdé.

Wamdé signifie " calebasse " en mooré. Tout comme la plante à calebasse se répand et envahit le sol, la Culture doit se propager dans le monde. La calebasse, qui sert de récipient, est aussi le symbole de l'accueil et du partage. Elle sec à offrir le zom-kom de bienvenue, le dolo des fêtes. De plus, elle est essentielle pour la fabrication de plusieurs instruments de musique.

Le Wamdé, Le Théâtre des Amis réunis, a vu le jour le 8 mars 1988, à l'occasion de la Journée Internationale de la Femme. Son initiatrice, familièrement appelée Mama Kouyaté, avait déjà derrière elle un long parcours dans le domaine artistique : elle a été tour à tour danseuse dans la Troupe Nationale de la Maison des Jeunes, actrice de cinéma et de théâtre (entre autres dans la pièce Soundjata, présentée en Europe et en Afrique), animatrice à la télévision burkinabè, réalisatrice de ballet-théâtre.

Parallèlement à la conception des spectacles qu'elle présente avec sa troupe au pays ou à l'étranger, Mama Kouyaté se consacre à faire vivre le centre d'accueil, véritable village culturel, situé dans la périphérie de Ouagadougou. Le Wamdé regroupe une quarantaine d'enfants et d'adolescents de 5 à 18 ans, originaires de différentes ethnies: Bambara, Bobo, Dogon, Gourmantché, Gourounsi, Mossi, Peul, Samo etc. Avec le dynamisme et l'énergie propre à leur jeune âge, ils interprètent les musiques et danses traditionnelles ainsi que des contes et des fables. Lors de tournées à l'étranger, outre leurs prestations sur scène, les enfants animent des ateliers dans les écoles, moments privilégiés d'échanges et de partage.

Le Wamdé sensibilise les enfants à l'art, à l'artisanat et à leur propre culture, tout en les arrachant à la rue. Il offre aux plus défavorisés un lieu de vie pluriculturel où, en plus de l'alphabétisation, ils reçoivent une formation technique à finalité professionnelle (tissage, couture, batik, soudure, menuiserie).

La troupe présente une grande variété de spectacles élaborés à partir de musiques et de danses provenant de toutes les régions du Burkina Faso.

Guide Olizane
Burkina Faso Pays des hommes intègres
dans la rubrique arts et culture p.203

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Un Collège aux couleurs de l'Afrique (Chérioux à Vitry)

Djembé, balafon, awalé ou danse, les élèves écoutent avec attention les conseils des jeunes Burkinabés qui dirigent les ateliers. Le chef d'orchestre joue la mélodie sur le balafon, une sorte de xylophone en bois et calebasse et tour à tour les collégiens l'accompagnent. Dans une autre salle, d'autres soufflent dans leurs mains endolories par la séance de djembé. Juste à côté une jeune Africaine entraîne les garçons au milieu du cercle, guidés par les conseils de Mama Kouyaté du groupe Wamdé, la compagnie des Amis réunis. " Frappez bien vos pieds ! L'énergie,c'est au sol que nous la prenons ", dit-elle en entrant dans le cercle. Claudine Stenberg, la documentaliste à l'initiative de ces ateliers, est émue par la passion dont témoignent certains jeunes pour ces activités. "La première fois que le groupe est venu, des élèves d'origine africaine ont su exprimer un sentiment de fierté qui leur était jusqu'alors inconnu." Le travail en petit groupe favorise le dialogue entre les adolescents burkinabés et les collégiens, mais il a fallu bousculer l'organisation pour que chaque enfant des quatre classes de 5ème puisse bénéficier de deux heures d'atelier : " Tous les cours ont été bouleversés et chaque membre de la communauté éducative parti-cipe à l'animation ", explique Claudine Stenberg. Dans ce petit collège de 300 élèves classé en zone sensible et réseau d'éducation prioritaire, " chacun s'implique dans un travail sur la solidarité et sur les droits de l'enfant ". Le 31 janvier, le groupe Wamdé se produisait en soirée au centre culturel d'Orly.

A.B.
Connaissance du Val de Marne
N°168 / mars2001

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