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Journal trimestriel du Wamdé n°5
morceaux choisis

Edito...

Wamdé.kibaré (les nouvelles du Wamdé en mooré) a pour vocation de rendre compte des activités du Centre d'éducation artistique et technique "Wamdé" au Burkina Faso et à l'étranger, de l'avancée de son projet
de développement.
Ce journal s'adresse à nos partenaires, aux accros du Wamdé, de la musique et des danses Africaines, aux membres de l'association Wamdé France, aux amis, aux curieux, à tous ceux qui aimeraient prendre part à la vie du centre.
Il est voué à subir des modifications avec le temps, jusqu'à ce qu'il trouve un contenu satisfaisant. Pour finir, il se veut également attractif dans sa forme, nous espérons que la touche d'originalité qu'y auront apportée ses rédacteurs-concepteurs saura vous séduire.
Nous vous en souhaitons bonne lecture.

Résumé des trois derniers mois

Les nouvelles de Ouédraogo Salif, ancien djembefola du Wamdé.

Salif Ouédraogo est l'un des premiers élèves de l'école du Wamdé depuis sa création en 1988. Danseur au tout début, Salif avait pris l'habitude, après les cours de danse, de s'entraîner avec une boîte de conserve pour reproduire les chants que Mama apprenait aux enfants. Un jour, en l'absence d'un musicien de la troupe, il se proposa de le remplacer et c'est ainsi qu'on découvrit son talent de percussionniste. Depuis l'age de 10 ans, Salif a participé aux nombreuses tournées du Wamdé au Burkina Faso et à l'étranger (Suisse, France, Suède, Norvège, Danemark, Espagne, Angleterre), où il s'est affirmé comme percussionniste soliste de grand talent.

Après l'obtention de son diplôme du Wamdé en mai 2003, remis par le Secrétaire général du Ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale, il a effectué sa première tournée suisse en solo cet été, où il a enregistré un CD avec un musicien suisse Maurice Greder, pour le plus grand plaisir de Mama et de tous ses amis.

De retour au pays, Salif a organisé en janvier 2004 son premier spectacle au CENASA dédié aux anciens habitants de Koulouba et de Zangouettin, touchés par le projet Zaka.

Il a un message personnel à faire passer : " Je remercie de tout cœur Mama Kouyaté de m'avoir aidé à devenir ce que je suis aujourd'hui : un maître Djembé "


Don de l'Association SOLSID

L'Association SOLSID (Solidarité Sida) a été créée en 2001 sur l'initiative de Fernande Amblard. Cette année, elle a décidé de soutenir l'œuvre de mama Kouyaté en prenant en charge une année d'écolage de dix filles de l'école primaire et secondaire, ainsi qu'une partie de l'équipement sanitaire des dortoirs en construction. Un grand merci à tous.

Du nouveau pour la construction des dortoirs d'accueil.
Suite à la nouvelle et dernière tranche de financement de la Fondation Air France pour l'enfance concernant une partie de la réalisation de ce bâtiment, les travaux ont repris et vont permettre d'achever le rez de chaussée de l'édifice. Nous sommes maintenant en mesure d'héberger 30 personnes de plus depuis la fin décembre 2003. Un étage prévu pour l'administration sera ajouté un jour, lorsque le Centre aura su convaincre de courageux partenaires, volontaires pour poursuivre le gros effort de la Fondation Air France pour l'enfance envers laquelle nous sommes infiniment reconnaissants.



La rentrée des classes au Wamdé

Cette année, le centre Wamdé a décidé de réduire le nombre d'inscriptions dans les classes de maternelle de manière à pouvoir asseoir tous les inscrits sur un bureau et de leur fournir des cahiers et des crayons pour l'année. Le nombre ainsi arrêté est de 60 pour chacune des deux petites classes.


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Arrivée….

Le 18 septembre 2002, nous avons donc foulé le sol ouest-Africain au beau milieu de la nuit situé autour d'1heure et demi, car ici la nuit jette son voile à 17h30 et le replie 12 heures plus tard. Mama nous attendait dans l'aéroport et toute une procession de jeunes gens nous escortèrent du sortir de l'aéroport jusqu'au Wamdé, notre première maison. Dès l'arrivée au Centre, on nous aida à monter nos imposants bagages à l'étage et nous pûmes nous installer sommairement pour notre première nuit… les bruits, la moiteur, et le stress de ces éléments inhabituels ajoutés aux cris incessants d'un coq déboussolé par notre arrivée tardive nous empêchèrent de dormir sereinement cette nuit de découverte.
Au petit matin, nous décidions de nous dévoiler aux enfants du Wamdé que nous savions réciproquement impatients de nous rencontrer. Soigneusement, on nous installa à une grande table pour prendre le petit déjeuner. Quelques animaux de cours déambulaient devant nous alors que nous étions tous deux attentifs à chaque mouvement de la communauté au milieu de laquelle nous nous trouvions. Tout semblait bien réparti dans les tâches de chacun, et respectueusement, personne ne vînt nous déranger pendant cette première collation. Avec non-moins de politesse, ceux qui passaient devant nous nous souhaitaient le 'bonjour' sans insistance. En fait, tous les repas qui suivirent participaient du même rituel, simplement avec moins de timidité de la part de tout le monde, seuls accoudés à cette même grande table, seuls à observer le quotidien du centre pendant ces heures de repas.

Des jours, des semaines passèrent…

Si les premiers mois étaient emprunts de découvertes mais aussi de difficultés liées tantôt à l'alimentation, tantôt à notre installation dans notre seconde maison cette fois-ci en autonomes, on peut dire qu'aujourd'hui l'intégration est faite. Nous avons eu beaucoup de problèmes avec les voitures que nous avons tentées de remettre en état, beaucoup de faux frais, pour finalement passer à une mobylette qui va nous changer la vie sur bien des plans.
J'ai fait personnellement un gros travail sur moi pour me mettre au diapason du pays. Tandis que Hyuna ne semble pas avoir eu de problème particulier avec l'esprit africain, sans doute aidée par son passé camerounais. C'est un choc frontal pour les utopistes, et il faut une bonne dose de philosophie dans ce pays pour trouver le comportement à adopter face à l'embarra. L'homme blanc est très sollicité par les vendeurs ambulants, les mendiants, les invalides, les déjantés de tout genre. Certains ne manquent pas de rappeler les méfaits des Blancs et trouvent le moyen de leur soutirer de l'argent à force de bagout parfois mélangé à une certaine animosité, mais les habitants semblent très durs entre eux-mêmes. C'est du moins la première impression que j'ai eue de la ville. Mais beaucoup de personnes que nous avons rencontrées sont très courtoises, et les coutumes rachètent de beaucoup la misère et la corruption implantées en ville. Les cérémonies plutôt rattachées à l'Islam, sont très chaleureuses, tout le monde est invité et tout le monde mange dans les mêmes plats, à la main, on nous apporte l'eau pour se les rincer en fin de repas.

Nous habitons maintenant dans le quartier de l'école située en sortie de ville, nous mettons 20 minutes pour nous rendre au travail à pied. Et depuis un mois, nous avons intégré notre troisième maison qui correspond vraiment à notre niveau de vie, il nous aura donc fallu 6 mois pour être bien installés, et vivre à la hauteur de nos moyens, mais cela n'a rien d'exceptionnel étant donné le rythme particulier des choses ici : c'est la conception africaine du temps ! On a beau vouloir faire avancer les choses plus rapidement, on use plus son énergie et sa patience pour un aboutissement 3 à 4 fois plus long que ce à quoi nous sommes habitué dans nos pays du Nord.

Sur le plan professionnel, c'est une vraie chance pour moi que de pouvoir mettre en pratique toutes mes connaissances : c'est un travail complet. Hyuna est très ordonnée sur la partie administration, nous nous complétons bien et l'équipe que nous formons avec Mama, Madi et le personnel du Centre laisse entrevoir un bel avenir...

A bientôt pour de prochaines histoires de volontaires...

Nicolas et Hyuna, les " Nassara " du Wamdé.